La mémoire des anciens
MISSIONS EXTERIEURES
Opération Épervier
Lorsque le 17 février 1986 l’armée libyenne bombarde N’Djaména, la France décide de renforcer son dispositif dissuasif et déclenche l’opération Epervier. Les effectifs militaires français augmentent de 1 300 à 2 800 hommes entre 1986 et 1987.
Les opérations de l’armée tchadienne permettent la reprise des localités de Borkou, Ennedi et Tibesti en mars 1987 et dès le mois de septembre, la France réduit le dispositif Epervier à 1 200 hommes.
La situation au Tchad est cependant loin d’être stabilisée et Epervier intervient ponctuellement pour apporter un soutien santé et logistique et un appui renseignement à l’armée tchadienne.
En février 2007 se produit une attaque des rebelles sur N’Djamena, Epervier met en œuvre une opération d’évacuation pour les ressortissants volontaires. Epervier accueille 1 750 ressortissants sur le camp Kosseï. 1 402 sont évacués dont environ 590 Français.
Dans le même temps, d’importants combats se déroulent à l’est du Tchad qui doit faire face à l’arrivée de milliers de réfugiés – 12 000 selon le HCR- provenant du Darfour voisin où l’armée soudanaise et les milices ont attaqués les rebelles du mouvement « Justice et Egalité »
En juin de la même année, le 16, le conseil de sécurité des Nations Unies adopte la déclaration française présentée par le Président de la République qui s’élève contre l’insurrection armée au Tchad
OPERATION EPERVIER ( TCHAD)
Dans le cadre de l’opération Epervier, les forces françaises au Tchad assurent un ensemble de missions conformes à l’accord de coopération bilatérale signé entre la France et le Tchad. L’aide fournie par les moyens français comprend un soutien logistique (ravitaillement, carburant, transport), une aide sanitaire et un appui en renseignement.
Les missions
Le dispositif français Epervier a été mis en place au Tchad en février 1986 afin de contribuer au rétablissement de la paix et au maintien de l’intégrité territoriale du Tchad.
Dans le cadre de l’accord de coopération signé entre la France et le Tchad, les éléments militaires français stationnés à N’djamena et à Abéché assurent deux missions principales.
- ils garantissent la sécurité des ressortissants français expatriés au Tchad.
- ils apportent également au gouvernement légal tchadien une aide et une coopération sur le plan de la formation militaire et du soutien technique. Ce soutien s’exprime dans les domaines de la logistique, du renseignement et de la santé.
Par ailleurs, les missions de reconnaissance aérienne menées par les avions du dispositif Epervier participent à la sécurisation des camps de réfugiés au Tchad.
Soutien aux organisations internationales
Les éléments français au Tchad (EFT), apportent un soutien administratif et logistique aux militaires français déployés dans le cadre de Dorca. Dorca est le nom générique de l'opération française engagée au profit des organisations internationales (ONU, OTAN, UE) qui soutiennent l'Union Africaine au Soudan. On peut donc trouver des soldats français de l’opération Dorca sous différents mandats (UE, ONU, OTAN ou mandat national).
Les EFT fournissent également un soutien logistique au PC de secteur et aux observateurs mis en place à Abéché par l’Union Africaine dans le cadre de la commission du cessez-le-feu humanitaire au Darfour. Ce soutien se matérialise notamment par un soutien pétrolier (1,2 millions d’euros), le transport aérien des contingents africains (sénégalais et gambiens), un appui à la planification au sein de l’UA.
Le détachement EFT stationné à Abéché assure un soutien logistique payant aux ONG œuvrant au Darfour. Ce soutien peut consister à acheminer l’aide humanitaire au profit des ONG actives au Tchad (transport d’importantes quantités d’aliments)
La base d’Abéché est mise à contribution dans le cadre de l’opération Dorca depuis juillet 2004.
Le dispositif Epervier
Le dispositif Epervier compte aujourd'hui 1100 militaires. Commandé par le colonel Christophe de Cugnac depuis le 31 juillet 2008, il comprend :
- un état-major interarmées ;
- un groupement tactique (une compagnie d’infanterie motorisée, un peloton blindé, trois compagnies Proterre, une unité de soutien logistique) ;
- un détachement de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT ) (3 hélicoptères Puma) ;
- un groupement de l’armée de l’air (six appareils Mirage F1, un appareil de ravitaillement en vol C-135, trois appareils de transport C-160).
Il est ponctuellement renforcé par un Atlantique II de la marine nationale.
Le dispositif français au Tchad est adossé sur deux bases principales : la plus importante est - au camp Kosseï à N’Djamena, non loin de l’aéroport ;
- le camp Croci à Abéché.
Un engagement humanitaire au Darfour
N'Djamena, où est installée la base française de Hadji Kossei, joue régulièrement le rôle de plate-forme militaire régionale.
En 2004, au plus fort de la crise humanitaire au Darfour, dans le cadre de l'opération "Dorca", les éléments français au Tchad du dispositif Epervier ont apporté un important soutien logistique avec la mise en place d’un pont aérien entre N'Djamena et Abeché. Celui-ci a permis d'acheminer 510 tonnes d'aide d'urgence vers les camps de réfugiés situés dans l'Est du Tchad.
Depuis, un détachement français assure la protection des 200 000 réfugiés regroupés le long de la frontière soudanaise.
A l’approche pour ravitailler
Ravitaillement en vol au dessus du Tchad
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