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Hommage au général Jacques BOURRY
Mon Général,
Votre carrière parle pour vous. Vos décorations présentes sur ce coussin montrent votre engagement en faveur de notre pays, la Croix de Grand Officier de la Légion d’Honneur décernée en 2003 en est le couronnement, mais vous avez quant même attendu cette distinction pendant 35 ans, depuis 1968 date de votre promotion au grade de commandeur.
Votre engagement ne s’arrête pas au seul service de notre pays dont vous portez les séquelles dans la chair, supportant sans vous plaindre les vieilles blessures reçues au cours des combats de la libération ou en Indochine lors de l’explosion du LST « Adour ».
Ainsi, après avoir quitté le service actif en 1976, vous vous consacrez pendant 30 longues années à vos frères d’armes et anciens camarades de combat en occupant des postes de responsabilités au sein de plusieurs associations.
Votre carrière militaire commence en 1939 lorsque vous êtes appelé sous les drapeaux comme Elève Officier de Réserve (EOR) à l’école de cavalerie de Saumur et rapidement c’est comme « Cadet de Saumur » que vous serez engagé dans les combats sur la Loire où, avec vos camarades, pendant quarante huit heures vous tiendrez tête et bloquez à deux divisions blindées allemandes. Fait prisonnier, vous vous évadez mais réquisitionné pour le STO, vous vous enfuyez à nouveau pour rejoindre en zone libre le 11ème régiment de cuirassiers.
Après l’occupation totale de notre pays, vous revenez dans la Somme où comme capitaine FFI, commandant un bataillon des Forces Françaises de l’Intérieur, vous reprenez le combat. Deux fois blessé et cité au cours des combats de la libération, vous recevrez la médaille de la résistance pour vos activités clandestines.
Après un retour à Saumur, c’est l’Indochine de 1949 à 1955. Pendant 3 ans vous commandez une compagnie au 2ème Régiment Etranger d’Infanterie, puis un commando vietnamien comme chef du 2ème bureau au Sud-Annam et en 1954, vous serez détaché à la Commission d’armistice. Blessé deux fois, cité huit fois dont quatre fois à l’ordre de l’armée, vous êtes fait chevalier puis officier de la Légion d’Honneur à titre exceptionnel.
Après les Forces Françaises en Allemagne de 1955 à 1958, promu chef d’escadrons, c’est à nouveau l’Algérie jusqu’en 1960 sur le barrage marocain, vous êtes encore cité et serez par la suite promu commandeur de la Légion d’Honneur.
De 1963 à 1965, retour à l’école de Saumur puis, colonel, à nouveau l’Algérie au 1er Régiment Etranger de Cavalerie et vous devenez chef d’état-major de la 3ème brigade mécanisée aux FFA de 1968 à 1971.
La fin de votre carrière vous verra chef de poste de la Sécurité Militaire à l’Etat-major de la 7ème Région à Marseille jusqu’en 1978 quand, promu général, vous décidez de quitter l’armée d’active.
Depuis cette époque, vous vous investissez sans relâche pour vos frères d’armes. Vous vous dépenserez sans compter au bénéfice de tous pendant vingt six ans comme président pour la Région Provence et membre du conseil d’administration de « l’Epaulette » et en qualité de président fondateur et président pendant douze ans de l’Association de Défense de l’Armée Française afin de la soutenir dans son combat contre la subversion.
Après que la subversion ait perdu de son acuité, vous êtes amené à mettre votre association en sommeil, devenu depuis définitif, et vous acceptez la proposition d’Yves GIGNAC, secrétaire général de l’Association des Combattants de l’Union Française de prendre un certain nombre de fonctions à l’ACUF, en particulier membre du conseil national et du comité directeur et d’assurer les fonctions de délégué régional pour la région PACA. Vice-président en 1989, vous devenez président de l’ACUF en 1995 et le restez pendant douze ans, jusqu’à ce qu’en 2007 votre médecin vous interdise de voyager. Ce fut alors un grand honneur pour moi de vous succéder à la tête de cette magnifique association.
Votre avez raconté votre carrière dans plusieurs ouvrages et généreusement, vous avez cédé à l’ACUF, vos droits sur l’un d’eux. Récemment encore, malgré une santé déficiente, vous avez tenu à remettre à notre section de Marseille son nouveau drapeau.
Mon Général, quelle belle carrière militaire et associative et que de titres ; Grand Officier de la Légion d’Honneur depuis 2003, onze citations dont quatre à l’ordre de l’armée, quatre croix de guerre : 39/45, TOE, Vietnamienne, Valeur militaire, Croix du combattant volontaire de la Résistance, Médaille de la Résistance, cinq blessures. Vous méritez bien tout le respect que l’on vous porte.
Mon Général, qu’il me soit permis d’évoquer ici un souvenir personnel. Alors que je vous rendais visite il y a exactement 16 mois, pour de qui fut malheureusement notre dernière rencontre, vous m’avez dit de la manière directe que connaissent bien vos amis : « on a qu’à se tutoyer ». Quelle belle marque d’estime et d’amitié dont je n’ai jamais usé jusqu’à aujourd’hui mais je vais m’y résoudre pour une unique fois.
Mon Général, aujourd’hui, réunis avec ta famille dans la peine, tous tes amis et camarades sont venus nombreux avec leurs drapeaux pour témoigner de leur respect, ils te remercient de tout ce que tu as fait pour eux et ils t’expriment leur reconnaissance et leur attachement. Pour ma part, Jacques, c’est avec une grande tristesse que je te dis adieu.
Au nom de tous les adhérents de l’ACUF, je veux vous assurer Jeanne et vous ses enfants et petits enfants de toute notre sympathie attristée et vous dire que nous sommes de tout cœur avec vous dans ce moment difficile.
2 janvier 2009 Alain de Lajudie
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