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dernière mise à jour le 12 mai 2012


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Assemblée Générale 2010

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Section de LYON





Assemblée Générale 2010

Même si quelques fois elle donne l’impression de ronronner, elle vit toujours ! Ce n’est pas toujours facile de se remettre en question, de tirer la « charrette » mais on y rencontre chaleur, convivialité, humour et surtout solidarité. D’ailleurs, quelques uns nous quitte après avoir trouver une épaule sur laquelle se reposer dès que le besoin ne se fait plus sentir…

Notre assemblée générale programmée pour le 9 janvier 2010 chez « SOPHIE » à Rillieux la Pape s’est déroulé dans une atmosphère familiale ; nous étions peu nombreux car le sol était recouvert de neige et dans de nombreux quartiers des environs de Lyon les routes étaient recouvertes d’une couche épaisse de neige…

Rassurez-vous, les meilleurs, dira-t-on, étaient là…Le général Lescel, président de la Farac ( fédération de 90 associations et amicales de la région lyonnaise) nous a fait l’honneur d’assister à la conclusion de nos travaux ; le Gouverneur Militaire de Lyon était représenté par le colonel Gerardin. Nous avons eu la visite de monsieur GAUQUELIN maire de Rillieux accompagné de son adjointe pour les Anciens Combattants et la mémoire qui a bien voulu partager notre repas après nous avoir dit quelques mots qui nous sont allés droit au cœur.

En conclusion, si dehors régnait le frimas, à l’intérieur de la salle, le climat fut chaleureux et familial, ce fut un bon moment pour partir d’un bon pied dans la nouvelle année.


Rapport moral

Me voici confronté à l’épreuve annuelle ; connaissant votre proverbiale indulgence, celle de bons amis, je peux me livrer sans retenue.

Avant tout, je voudrais vous remercier d’être là, parmi nous ; cette présence atteste que vous êtes solidaires et prouve l’attachement que vous portez à notre action.

Comme nous venons juste d’entamer 2010, au nom de l’ACUF de Lyon, je vous souhaite de garder la santé qui est une condition nécessaire au bonheur et à ceux que la maladie n’a pas épargnés un répit dans leurs souffrances.

Dans mon propos, je ferai le point sur les événements de 2009 qui ont altéré notre moral et in fine, je terminerai par une projection sur l’avenir.

La crise, la burqa, les minarets, l’identité nationale, le forcing de la FNACA dans les municipalités, la recherche de responsabilité dans l’embuscade en Kapissa ont mobilisé les médias et le monde politique.

La crise devait être un tsunami en 2009. Pour la plupart d’entre nous, nous ne l’avons pas ressentie comme telle. En son temps, nous avions beaucoup plus mal vécu le passage à l’euro car très rapidement nous nous sommes rendus compte qu’un euro se rapprochait de plus en plus de la valeur d’achat d’un franc. La recrudescence du chômage épiphénomène de cette crise est entre autre sans doute à l’origine de l’augmentation de la « grande pauvreté ». Celle-ci touche de plus en plus de familles ; mais, ne faudrait-il pas en définir le seuil : s’agit-il d’avoir tout ce que la modernité met sur le marché quitte à s’endetter au point de ne plus avoir qu’une misère pour nourrir la famille ? C’est vrai que la tentation est grande de toutes façons la société y pourvoira et nous aurons même mauvaise conscience !.
Cette crise a mis en exergue la disparité énorme qu’il y a entre pauvreté et superflu. Les bonus venant s’ajouter aux salaires atteignent des montants injustifiés tant ils sont pharamineux, largement au-dessus du suffisant. Cette situation est amorale et choquante ; les parts de bénéfices sont partagés entre les responsables alors que les risques sont assumés par nous tous. C’est un vrai problème de société qui ne laisse personne indifférent.

En dehors de la crise, des problèmes émergent et mobilisent une partie des français remontés par les médias et la classe politique. Doit-on faire une loi pour interdire le port de la burqa ? Ce sujet qui touche au quotidien est monté en épingle. Il fait, chez nous, l’objet de débats passionnés dont les thèmes récurrents tournent autour de la laïcité, de la liberté de culte, du communautarisme. Ailleurs, chez nos voisins belges, le problème est réglé avec pragmatisme et le décret précise simplement qu’en dehors de la période de carnaval il est interdit de se masquer ou voiler le visage. Récemment, après la votation suisse interdisant les minarets, on s’est posé la question de savoir s’il fallait les interdire. Doit-on s’indigner qu’ils viennent côtoyer nos clochers alors que l’islam est la seconde religion de France ? Ce qui gène sans doute, c’est cet aspect conquérant qui caractérise cette communauté.

Voilà sans doute quelques raisons qui ont amené à se poser des questions et à ouvrir ce débat sur la définition de l’identité nationale. De tout temps nous avons été une terre d’accueil et nous ne devrions pas être étonnés d’entendre parler de nombreuses langues dans les transports en commun, dans les rues de Lyon… Nous avons accueillis des travailleurs polonais et italiens qui sont venus dans les mines de charbon et de fer du nord et nord est de la France ; puis des arméniens et des espagnols républicains fuyant la tyrannie voire l’extermination. Toutes ces communautés se sont, dans un premier temps, recroquevillées sur elles-mêmes ; depuis, elles ont été assimilées gardant néanmoins leurs traditions. Cela semble moins facile avec les roumains, les maghrébins et autres. Sommes nous moins patients ? Peut-être n’ont-ils pas la même attitude ? Seront-ils en adéquation avec l’idée que nous nous faisons de l’identité nationale : un drapeau, un hymne, une langue, une histoire, un mode de vie, des valeurs… ?

Venons en au monde combattant ; il n’est pas homogène et des clivages importants, liés à l’histoire de cette fin de la guerre d’Algérie lamentablement bâclée par la classe politique, nous divisent. L’année qui vient de s’écouler a vu de nombreuses rues ou places être baptisées « 19 MARS – FIN DE LA GUERRE D’ALGERIE » ou bien « 19 MARS- CESSEZ LE FEU ». Nous ne pouvons pas laisser ces contre vérités s’enraciner car les cartes de combattants sont attribuées jusqu’au 1er juillet 1964 et après le 19 mars, il y a eu plus de morts et de disparus que pendant le reste de la guerre donc, le 19 mars n’est qu’une péripétie de plus dans cette tragédie que constitue l’abandon par la France d’une partie de son territoire à une horde de vaincus. Chaque fois, une réaction s’impose !
Mais, dans certaines municipalités, tout semble permis ; n’a-t-on pas vu un maire mener un cortège au monument aux morts pour honorer la mémoire des morts de SETIF ; sur ces monuments figurent uniquement les morts pour la France ; si cette démarche dépend du bon vouloir du maire, elle est pour le moins incongrue.

C’est aussi la première fois que des familles se portent partie civile contre l’Armée suite aux morts dans l’embuscade de la vallée de la Kapisa. Qui va déterminer si le choix tactique a été bon ou mauvais ?

A Lyon, l’année s’est déroulée dans le calme et la sérénité ; les cérémonies ont été très suivies et les allocutions de bon niveau. Au Jardin du Combattant d’Indochine, le 8 juin, la foule abondante a cependant été moins nombreuse que l’année précédente il y eut tout de même 70 drapeaux ; la cérémonie du 5 décembre doit, à l’avenir, être menée avec plus de sérieux ; il n’y eut pas de préfet ou sous-préfet en tenue ; la remise de décorations n’a pas été préparée…
La messe d’action de grâce en la basilique de Fourvière le 17 octobre a attirée une foule jamais vue au dire et à la surprise du recteur ; il y avait 93 drapeaux.
La Farac qui fédère 92 associations ou amicales régimentaires est un point d’ancrage très important pour nos sections vieillissantes qui attendent en vain du sang nouveau pour poursuivre leur action dans le temps et véhiculer la mémoire à défaut de souvenirs. Dans ce monde trépidant où tout s’accélère avec cette soif de vivre intensément le moment présent, où l’avenir est incertain, où l’égoïsme, l’individualisme sont les modes de vie, nous ne trouvons pas de relève.

En 2010, il faudra, si on veut vivre dans une société et un monde apaisés, où la solidarité a un sens, remettre l’homme en facteur, lui rendre sa place en lui procurant un travail c'est-à-dire une dignité.
On modernise, on restructure pour que l’investissement dans une activité rétribue au maximum l’actionnaire en faisant fi de l’homme. C’est pourtant lui qui, en reprenant sa place, rendra la société plus humaine. Où est le village où tout le monde se connaît, où on sait qui prend les décisions ? Où est l’état ? Tout se dilue, se perd, on laisse Bruxelles gérer une partie de notre quotidien et les décisions concernant des grands secteurs d’activités sont prises à l’échelon mondial. Encore une fois, où est l’homme, où est le responsable ? Est-ce que notre Armée met l’homme en facteur ? Est-ce qu’en regardant trop vers l’avenir elle n’oublie pas son passé et ceux qui l’ont fait ?

Pour 2010, nous formulons le voeux que l’homme retrouve sa place, il se sentira responsabilisé et participera activement et avec tout son cœur à l’émergence d’une ère nouvelle où la machine redeviendra un simple outil au service de l’homme.

Armand WALLERICH

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