ASSOCIATION des
COMBATTANTS de
l'UNION
FRANÇAISE
Anciens du C.E.F.E.O., d'Indochine, de Corée, de Madagascar, d'A.F.N., des T.O.E. et OPEX
Association affiliée à la Fédération Nationale André Maginot (Groupement 50)

Centenaire de Monsieur Kasni-Warti le 01/11/2019

Posté le 18/11/2019 à 11:00

« Cent ans » certains en rêvent ! Nous avons le plaisir de présenter « en pleines formes » Monsieur KASNI qui a fêté ses cent ans le 1er Novembre 2019.

Pour savoir qui est ce centenaire, Voici une partie du discours prononcé par notre adhérent Michel GUILLET, pour la remise de la légion d’honneur à Mr KASNI le 18 juin 2010.

« Il est heureux qu’à la suite de la commémoration du 70ème anniversaire de l’appel du Général de Gaulle du 18 juin 1940, nous puissions faire entrer dans l’Ordre de la Légion d’Honneur, un combattant qui aux antipodes de la Métropole, et alors qu’il n’avait pas notre nationalité, a souscrit sans hésiter à l’appel du Général en s’engageant dans la France Libre.

Louis Kasni, notre récipiendaire fait partie de la promotion de Pâques du journal officiel sur la liste des nommés et promus dans la Légion d’Honneur.

Monsieur Kasni. Est un voyageur au long cours, un combattant de la France Libre, un citoyen volontaire, un fervent gaulliste.

Il est né en 1919 à Nouméa de Parents javanais. A 15 ans il entre dans la vie active en exerçant successivement divers métiers, dont celui de « boy », c'est-à-dire de domestique, dans une riche propriété.

Durant la seconde guerre mondiale, alors qu’il est étranger, il va s’engager à deux reprises dans une unité de la France Libre.

D’abord en 1940, peu après l’appel du Général de Gaulle, en Nouvelle Calédonie. A  bord d’un navire « Le Polynésien », des messageries maritimes, il participe au ravitaillement des Iles du Pacifique en louvoyant entre les navires de guerre allemands et japonais. Cette navigation n’est pas sans risques puisqu’un autre navire chargé de la même mission sera coulé par un corsaire allemand à proximité de Nouméa.

Démobilisé de la Marine marchande, Monsieur Kasni s’engage une nouvelle fois en 1943. Il est incorporé au bataillon du Pacifique de la 1ère division française libre formé essentiellement de Calédoniens et de Tahitiens. Ce bataillon deviendra par la suite le bataillon d’infanterie de marine  du Pacifique.

Commence alors un long périple sur terre et sur mer. Plusieurs convois ou navires le conduiront successivement à Sydney, Durban, au golfe d’Aden, au Caire à Alexandrie, à Tripoli et en Tunisie. Traversant la Méditerranée, il participe à la campagne d’Italie, et il est blessé à Monte Cassino. Il contribue à la libération de Toulon, remonte la vallée du Rhône, participe à la campagne des Vosges où se produit enfin la relève coloniale tant espérée.

Après la guerre il retourne à Nouméa où il restera un an sans travailler, et c’est pour trouver un emploi qu’il se décide à rejoindre la Métropole et plus particulièrement la région parisienne où il va obtenir la nationalité française.

Il travaille d’abord aux studios et laboratoires de films d’Epinay/Seine sur seine. Quelques années plus tard, il entre dans une compagnie d’assurance, d’abord comme archiviste, puis comme rédacteur des dossiers de sinistres, et c’est comme inspecteur chargé d’un vaste portefeuille de clientèle qu’il terminera son activité professionnelle à 65 ans. Au moment où l’âge de départ en retraite fait débat, on appréciera au passage la jeunesse de notre Légionnaire de 91 ans !

En retraite il séjournera successivement à St Denis, Lésigny, Champigny, dans le Gard, à Joué les Tours et enfin à Brunoy où il vient de s’installer avec son épouse pour se rapprocher de ses enfants Montgeronnais.

 Son tempérament d’aventurier et de baroudeur lui a permis de sillonner les mers du globe bien avant la mode des croisières ou l’époque des courses au grand large. Originaire d’un pays tropical, caractérisé par des sites paradisiaques et un climat de rêve, en rejoignant le territoire métropolitain, il s’est adapté sans difficultés à notre climat plus capricieux et à notre mode de vie plus structuré.

Il a voulu se faire décorer ce 18 juin, date hautement historique et symbolique pour celui qui, aux antipodes de notre territoire, avait répondu, à sa manière, à l’appel du Général de Gaulle en s’engageant dans les Forces Françaises libres.

Cette distinction est d’autant plus légitime, qu’elle lui est attribuée près de 70 ans après son premier engagement dans le conflit de 39-45 et qu’elle récompense des mérites incontestables.

Voici déjà bien longtemps que son comportement et son action pendant la guerre lui ont valu :

  • la médaille militaire
  • la Croix de guerre 39-45 avec citation à l’ordre de la brigade
  • la médaille de la Résistance
  • la médaille des blessés de la France Libre

L’insigne de la Légion d’Honneur que je lui remets constitue pour Monsieur Kasni la reconnaissance la plus prestigieuse de la Nation. Il est réconfortant, aussi, de constater qu’elle se souvienne encore de ce que fût cet engagement 70 ans plus tard.

 Je sais aussi que cette médaille sera désormais sa fierté, celle de son épouse et de ses enfants qui sont venus partager avec lui le moment d’émotion que nous avons vécu en cette journée. »

La section d’Essonne est particulièrement fière d’avoir pu fêter les cent ans de ce combattant de la première heure, que nous félicitons encore une fois.

 

 


Retour