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dernière mise à jour le 22 févr 2012


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Indochine: l'helicoptere Ville de Bordeaux

La mémoire des anciens

« Voilà une idée magnifique !... » (Maréchal de Lattre, décembre 1951)

C’est à l’occasion de la fête de Noël 1951 que les anciens du C.E.F.E.O. de la région bordelaise, soucieux de mériter la confiance de leurs camarades combattants et désireux d’accomplir une de ces grandes actions qui exigent l’élan de toutes les énergies, entreprirent d’offrir à leur frères d’armes un hélicoptère sanitaire afin d’assurer l’évacuation rapide des blessés.
Le 9 décembre 1951 s’ouvrait une campagne de souscription publique. Campagne de l’hélicoptère pour les blessés d’Indochine.
Le 11 mars 1953, l’appareil, un « Hiller 360 » baptisé « Ville de Bordeaux » était solennellement remis au Forces franco-Vietnamiennes sur l’aérodrome de Than-Son-Nut. A l’heure où cet article parait, il est fort probable que le « Ville de Bordeaux » a déjà accompli plusieurs missions.
Ainsi, après plus d’un an, ceux qui s’étaient lancés dans cette grande entreprise de solidarité, voyaient leurs efforts couronnés. La conjonction de la générosité et de l’opiniâtreté donnait le jour à un outil indispensable de nos médecins du Corps Expéditionnaire. Aujourd’hui, il est bon de faire le point de l’ « opération hélicoptère » et d’en tirer les enseignements.
Auparavant, il nous faut remercier, et nous le feront jamais assez, tous ceux qui ont permis le succès, dès le début, en jetant dans la balance le poids de leur influence et de leur autorité ; nous ne dirons jamais assez à quel point leur attitude a été pour nous, le plus sûr des soutiens et le plus ferme des encouragements à persévérer, malgré les difficultés de toutes sortes qu’il nous a fallu surmonter.
Et nous ne pouvons nous empêcher de repenser à tout ce qu’il a fallu bousculer de scepticisme et d’indifférence, tout ce que notre conviction a finalement submergé.
Tout au long de cette campagne, nous avons pu mesurer l’incompréhension de certains, le dévouement et les gestes magnifiques de beaucoup. Nous ne voulons nous souvenir que de ceux-là, mais nous n’oublions pas que par les exemples que notre action a suscités en ayant permis de doter les Combattants d’Indochine d’appareils sanitaires indispensables, nous avons également comblé une lacune grave.
Aussi nous, anciens du C.E.F.E.O., avons-nous pleinement conscience d’avoir rempli notre mission en aidant réellement les Combattants d’Indochine.
La photo ci-dessous du « Ville de Bordeaux » n’est que l’un des aspects d’une action de notre Association qui a permis d’attirer l’attention de milliers de Français sur la guerre que mènent la France et les États Associés. Cette certitude d’être les plus sûrs auxiliaires de nos soldats ne nous donne aucun droit, si ce n’est celui de continuer.
Par notre Association, nous avons donné à la Nation une occasion de participer au combat et, en considérant l’appui enthousiasme que nous avons trouvé, nous savons aujourd’hui que les français sont toujours avides d’aider leurs soldats. Encore faut-il leur en donner l’occasion et les moyens.


Article tiré de la revue
Combattant d’Indochine
N°14 Mai 1953.




Aux commandes, le colonel SANTINI, à droite le général Lionel CHASSIN, commandant l’armée de l’air en Indochine
et Président de notre Association dans les années 1950.


L’hélicoptère « Ville de Bordeaux » se posant derrière la cathédrale de Saïg

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