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Section de MARSEILLE
CONFÉRENCE du Colonel EALET
Le 15 juin 2010, à la Maison du Combattant, nous avons été impressionnés par le témoignage du Colonel EALET, membre du Comité d’honneur de la Section, évoquant son action d’officier des Affaires Militaires Musulmanes (AMM) de 1955 à 1964. Né à Casablanca, son père ayant débarqué au Maroc en 1915, comme l’un des volontaires de la cohorte de pionniers, ingénieurs et techniciens qu’appelait le Général LYAUTEY pour participer au développement et à la modernisation du Maroc. De bonne heure, intéressé par l’arabe, il avait eu l’opportunité de suivre les cours de l’Institut des Hautes Etudes Marocaines (IHEM) tout en s’occupant de scoutisme.
Dans sa retraite, il a collaboré avec beaucoup de joie et de satisfaction à l’édition d’un Dictionnaire arabe – français en 12 volumes, exploitant la documentation de « Langue et Culture Marocaines » de M. Georges S. COLIN. Celui – ci, diplômé de l’école des Langues Orientales de Paris, arrivé lui aussi au Maroc en 1915 et recruté par le Général LYAUTEY comme officier AMM de réserve, avait été le professeur des cinq membres de l’équipe de rédaction à différentes périodes, confiant à ses héritiers spirituels le soin de publier le travail persévérant et minutieux de 60 années de rédaction de fichiers et notes manuscrites.
Pratiquant parfaitement la langue locale et connaissant les mœurs des populations qu’il administrait, l’officier des AMM les comprenait, s’y attachait, partageait leurs préoccupations, leurs soucis, gagnait leur confiance et devenait finalement leur véritable « ami ». « Si toi tu ne t’occupes pas de nous, qui le fera ? » lui disaient – ils.
Dans son poste précédent, à AFLOU (sud oranais), lors du magnifique élan patriotique de mai 1958, un caïd ami a offert spontanément de former une harka qui a neutralisé rapidement des rebelles vivant clandestinement dans l’agglomération.
A TINDOUF, sous – préfecture du Sahara occidental, où il a été pendant 4 ans l’adjoint du Commandant délégué dans les fonctions de sous – préfet et l’officier de renseignement du Commandant du Secteur militaire, les Réguibat , ses administrés, très reconnaissants à la France qui leur assurait la « pax gallica », leur évitait la famine et , exceptionnellement, leur permis un « rezzou » de récupération de 3000 chameaux razziés par des « bandes incontrôlées » marocaines ne voulaient pas de l’indépendance algérienne, étant attachés historiquement, commercialement, sentimentalement, religieusement au Maroc et à son roi, « émir el – mouminines », prince des croyants. Quand, en 1962, le futur sous – préfet algérien est venu s’installer, les notables Réguibat, unanimes et en présence de leurs gens lui ont exprimé très clairement leur indifférence vis à vis de la nouvelle Algérie et leur ferme intention de se rallier au Maroc. Ce qui eu pour résultat le départ du Lieutenant AMM le lendemain même.
On connaît depuis l’instabilité de l’ouest saharien, avec affrontements, guerres, Polisario et camions tout terrain lybiens équipés d’orgues de Staline et canons sans recul, même après la « marche verte » (le – mchiya el – khadra) de 1975.
Cher Maroc, que les défricheurs de 1912 / 1915 ont découvert, façonné et fertilisé, que l’Armée d’Afrique a pacifié et organisé et que leurs descendants ont aimé profondément, charnellement, mais dont ils n’ont pas pu ou pas su empêcher l’amputation de sa partie méridionale qui l’aurait relié à Tombouctou où Moulay Ismaïl, contemporain de Louis XIV, avait recruté sa Garde Noire !
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