Menu principal:
- Les récits des anciens > Les Missions Extérieurs > Article information locale
Cérémonie OPEX à l'Esplanade du Souvenir
le 23 octobre 2010
Depuis trois ans la section de Villefranche sur Saône de l'Association des Combattants de l'Union Française (ACUF) présidée par Michel BROYER, rend hommage aux soldats ayant laissé leur vie loin de France au cours d'opérations extérieures (OPEX). L'actualité tragique en Afghanistan rappelle régulièrement la difficulté et la dangerosité de leur mission.
La date du 23 octobre a été choisie pour ce moment de recueillement car ce jour-là, en 1983, 58 parachutistes français trouvaient la mort dans un lâche attentat perpétré à Beyrouth au Liban. Parmi ces victimes figurait un jeune parachutiste caladois, Patrice GIRARDEAU ; c'est en sa mémoire qu'une soixantaine de personnes se sont rassemblées en fin de matinée, avec sa famille, autour de sa sépulture à Villefranche.
Cette journée de mémoire s'est poursuivie l'après-midi par une conférence ayant pour thème les OPEX et plus particulièrement de l'Afghanistan. Le Commandant Jean-Pierre HUMBERT, officier de réserve de la Base Aérienne 942, a proposé une présentation particulièrement bien documentée qui a permis à l'assistance de mesurer les difficultés et les dangers rencontrés par nos militaires en mission dans ce pays.
Cet hommage aux soldats tombés en OPEX s'est achevée par une cérémonie sur l'Esplanade du Souvenir. Placée sous la présidence de Monsieur le Député-Maire Bernard PERRUT cette cérémonie a rassemblé de nombreuses autorités civiles et militaires. Parmi elles, aux côtés du Député-maire et de Madame Virginie PAGNON, conseillère municipale déléguée aux anciens combattants et déléguée défense avaient pris place Monsieur le Sénateur Jean-Jacques PIGNARD, le Colonel RABIER, Commandant de la base aérienne 942, et Monsieur Alain de LAJUDIE, le Président national de l'Association des Combattants de l'Union Française.
Ce dernier a remis un drapeau spécifiquement confectionné pour cette nouvelle génération de combattants à Monsieur Michel BROYER, président de la section ACUF de Villefranche qui l'a confié à Monsieur Eric LODS, son porte-drapeau OPEX officiel.
Une plaque commémorative a été ensuite dévoilée par le Député-Maire accompagné de Monsieur de LAJUDIE.
Enfin des gerbes ont été déposées par Monsieur Alain FABROL président de la région Sud-Est de l'association des Anciens Elèves de l'Ecole d'Enseignement Technique de l'Armée de l'Air située à Saintes (17) accompagné de Monsieur Gérard SOUMILLON président de la section civile Rhône Alpes et du Sergent Simon LAMBERT de la section de Lyon Mont Verdun, venus en nombre et pour beaucoup en tenue, contribuer à la réussite de cette cérémonie qui a également réuni 29 drapeaux de Villefranche, Lyon et des départements voisins. Ce fût ensuite au tour de l'ACUF accompagnée de Madame GIRARDEAU, mère de Patrice GIRARDEAU puis de la Mairie de fleurir la stèle " Outre-Mer ".
Cette journée s'est achevée avec la réception des participants par Monsieur le Député-Maire à l'Hôtel de Ville.
Alocution du Député-Maire
Pourquoi une cérémonie aujourd'hui, à Villefranche ?
Pourquoi en ce 23 octobre, date qui n'apparaît pas au calendrier des commémorations officielles ?
Si j'ai répondu favorablement à la proposition de Michel BROYER, qui souhaitait organiser cette cérémonie, c'est d'abord parce qu'elle donne une nouvelle dimension au devoir de mémoire, une dimension aujourd'hui nécessaire et cela pour au moins trois raisons.
La première est locale et nous rappelle un bien triste anniversaire. Le 23 octobre 1983, cinquante-huit parachutistes français sont tués à Beyrouth, au Liban, dans l'attentat du Drakkar. Parmi eux se trouvait Patrice GIRARDEAU, un jeune Caladois de 19 ans, caporal au 1er Régiment de chasseurs parachutistes.
La deuxième raison, c'est qu'elle s'inscrit dans l'actualité alors même que les femmes de militaires français en Afghanistan appellent à une marche silencieuse, samedi prochain, à Paris, pour faire reconnaître le travail, l'engagement et les souffrances de ceux qui se battent là-bas, pour la France et que l'on peut comprendre leur ressentiment.
La dernière raison, c'est que précisément, si la France est en paix, 9 000 de ses soldats sont engagés dans des opérations extérieures.
9 000 soldats qui risquent quotidiennement leur vie sur quelque 25 points du globe alors même que nous venons d'apprendre, il y a quelques jours, la mort du 50e Français tué en Afghanistan
Cette implication des forces françaises est significative. Elle traduit la contribution constante de notre pays à l'effort de la communauté internationale pour assurer la stabilité mondiale. Mais il ne s'agit pas uniquement d'assumer les responsabilités d'un membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU, il faut aussi éviter que ne se développent des menaces pour nos intérêts stratégiques, pour nos concitoyens et pour les valeurs que la France défend.
Aujourd'hui, les armées de la France sont confrontées à des adversaires dont elles ont de plus en plus de mal à déterminer les ressorts idéologiques et les méthodes qui en découlent. C'est pourquoi nos armes sont souvent impuissantes face à l'orchestration de mouvements de foules, de prises d'otages, à l'utilisation de boucliers humains, à l'emploi d'engins explosifs improvisés ou à la mise en scène d'actions spectaculaires.
Aujourd'hui, la notion de " guerre juste " est liée à l'approbation de nos actions par la communauté internationale. La recherche de cette légitimité passe le plus souvent par la mise en œuvre d'une coalition, c'est pourquoi les trois quarts de nos effectifs déployés sur des théâtres d'opérations extérieures le sont dans un cadre multinational.
Malgré cela, les Op. Ex. doivent relever d'autres défis que le seul combat contre l'adversaire. Placés à l'abri de l'insularité stratégique qu'ont su créer la formation de l'Union européenne et la fin de l'affrontement des blocs, les Françaises et les Français ont de plus en plus de difficultés à établir le lien entre leur propre sécurité, l'intérêt national et des engagements qui se déroulent à des milliers de kilomètres de leur territoire national.
Pourtant, nous devons reconnaître aux soldats qui ont conduit leur mission jusqu'au sacrifice ultime, le sens de leur engagement : celui d'hommes et de femmes qui, comme le jeune Patrice GIRARDEAU, ont librement accepté de porter les armes de la Nation avec les responsabilités, les devoirs et les risques que cela suppose.
Car ce courage, ce sens du devoir et cette détermination à défendre les valeurs de la France sont finalement les mêmes que celles qui ont animé les Poilus de 1914, les soldats et les résistants de la Seconde Guerre mondiale ou les combattants des conflits de la décolonisation.
Et nous devons aux victimes de cette quatrième génération du feu le même hommage. Nous avons, envers eux, le même devoir de mémoire, tant il est vrai que si, hélas, aucune paix n'est éternelle chaque journée qui prolonge la paix, grâce à eux, est une richesse inestimable.
Bernard PERRUT





