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dernière mise à jour
le 14 avr 2012


05 12 2011 : cérémonie AFN

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" La mémoire est le miroir où nous regardons les absents ". C'est par cette citation littéraire que Bernard PERRUT, député-maire, termine son message lors de la cérémonie organisée pour la journée nationale d'hommage aux Morts pour la France de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie. Rappelant que cette guerre sans victoire ni défaite a laissé de profondes cicatrices, encore aujourd'hui. La paix est fragile, elle doit être protégée de l'intolérance, du racisme et de toute idéologie pernicieuse.

18 drapeaux (6 pour l'ACUF dont celui des Combattants Français Musulmans) entourent la stèle devant laquelle sont rassemblées les autorités civiles et militaires ; la clique des sapeurs-pompiers de GLEIZE exécute les sonneries réglementaires. Après la lecture par Monsieur le Sous-Préfet du message du Secrétaire d'Etat aux anciens combattants, dépôts de gerbes : par le député-maire, le président du Comité de Liaison et Virginie PAGNON, puis par le Sous-Préfet. L'hymne national " La Marseillaise " et le chant des africains clôturent la cérémonie.

Un certain nombre d'adhérents se sont ensuite retrouvés pour partager un repas, dans une ambiance cordiale et chaleureuse.


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Message du Député-maire:

Le 5 décembre 2002, le président de la République, Jacques Chirac, inaugurait à Paris, quai Branly, le Mémorial national dédié - je cite - " à la mémoire des combattants morts pour la France lors de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, et à celle de tous les membres des forces supplétives, tués après le cessez-le-feu en Algérie. "
Il aura donc fallu pas moins de quarante ans pour éveiller les consciences à ce qui fut une terrible tragédie, pas moins de quarante ans pour l'inscrire dans notre mémoire collective.
D'autant que la France des années 50, déjà meurtrie par la défaite de juin 40 puis par la perte de l'Indochine, la France s'acharnait à croire qu'elle pouvait encore sauver ce qui restait de son empire colonial, ce qui renforçait sa place dans le monde.
Et c'est ainsi que pendant une dizaine d'années, d'insurrections en attentats, d'attentats en révoltes, de révoltes en opérations de maintien de l'ordre, jamais, pendant une dizaine d'années ni dans celles qui suivront, il ne sera officiellement fait allusion à la " guerre " d'Algérie.
Et pourtant, en dix ans, de 1952 à 1962, ils ont été près de deux millions venus de toute la France, appelés à servir par-delà la Méditerranée, dans une guerre jamais déclarée et qui, jusqu'en 1999, n'osera pas même dire son nom.
Pourtant, comme tous les soldats des guerres passées, ils ont appris le devoir, le courage et la fraternité des armes, comme tous les soldats, ils ont appris le sacrifice, comme tous les soldats, ils ont vu leurs camarades tomber : 25 000 jeunes soldats tués, 25 000 noms gravés, 40 ans après, sur le Mémorial du quai Branly.
Mais hélas, le bilan de la plus douloureuse des guerres de décolonisation ne s'arrête pas là, et surtout il ne s'arrête pas avec le cessez-le-feu du 19 mars ni même avec la reconnaissance de l'indépendance algérienne, le 3 juillet 1962 après 132 ans de colonisation française.
Combien y aura-t-il encore de civils tués, combien de harkis assassinés parce qu'ils avaient choisi d'être français, combien de drames humains vécus et supportés par les rapatriés ?
Tant il est vrai qu'à la veille de l'indépendance, les Français de métropole ne se soucient guère de leur devenir. Ils préfèrent se donner bonne conscience en feignant de croire au respect, par le F.L.N., de son engagement à ne pas exercer de représailles.
Mais la fin officielle du conflit sonnait aussi bel et bien l'heure des règlements de compte avec, pour principales victimes pieds-noirs et harkis contraints à partir ou à mourir.

En ce jour de commémoration nationale, souvenons-nous de ce que fut leur tragédie et du drame ultime qu'ils eurent encore à subir en grand nombre lors du massacre d'Oran, le 5 juillet, 132 ans jour pour jour après la prise d'Alger par les troupes de Charles X.
132 années pendant lesquelles l'histoire de l'Algérie a pris un chemin détourné entraînant du même coup la France sur une route tourmentée, dans un monde en pleine mutation après la Deuxième Guerre mondiale.
Alors, la question n'est plus tant de savoir si le système colonial était juste ou injuste. Il est facile de trouver des arguments qui démontrent l'une ou l'autre thèse.
Ce qui est sûr, c'est qu'il était voué à disparaître et c'est pour ne l'avoir pas compris assez tôt que la France a perdu une république et fait couler le sang de ses fils.
La guerre d'Algérie fut une guerre terrible parce qu'elle s'est déroulée sur ce qui était alors le sol de France, parce qu'elle a provoqué d'immenses divisions à l'intérieur même des deux camps belligérants, parce qu'elle laisse encore des cicatrices profondes dans notre mémoire nationale.

A trois mois du 50e anniversaire du cessez-le-feu, celles et ceux qui vont faire la France et l'Algérie de demain n'ont aucune responsabilité dans les affrontements d'hier mais ils héritent pourtant de cette page de notre histoire sans vainqueur ni vaincu, une page qui n'offre ni le réconfort de la victoire, ni même la consolation d'une défaite honorable.
Alors, si l'on veut éviter que la tentation de l'oubli ne vienne occulter le devoir de mémoire ; si l'on veut cicatriser les plaies encore vives d'un passé douloureux, alors prenons garde, les uns et les autres de ne pas nous laisser entraîner dans une bataille mémorielle ô combien dérisoire en regard des souffrances et des sacrifices subis et faisons nôtre cette pensée du moraliste ami de Chateaubriand, Joseph Joubert : " la mémoire est le miroir où nous regardons les absents. "


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